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Lire, s'évader, résister de Vincent Platini

Après Krimi, Lire, s'évader, résister est le second ouvrage de Vincent Platini. Il est publié aux éditions de la découverte.

Contrairement à ce que l'on a coutume de croire, on s'est beaucoup amusé sous la dictature nazie. Alors que le pays s'enfonçait dans les massacres, les loisirs se multipliaient...

A contre courant de l'histoire politique ou militaire, Vincent Platini s'intéresse aux loisirs dans la société civile Allemande du IIIème Reich. Un ouvrage passionnant et terrifiant par le contraste qu'il propose...

Benjamin

 

Informations :

 

Editeur : La Découverte L'avis d'Actualité littéraire
Genre : Essais A propos de Vincent Platini 
Année : 2014 Voir un extrait  
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Extrait

 

Contrairement à ce que l'on a coutume de croire, on s'est beaucoup amusé sous la dictature nazie. Alors que le pays s'enfonçait dans les massacres, les loisirs se multipliaient, et la guerre ne faisait qu'accentuer cette inflation ; le rire a couvert les râles des victimes. Le Reich était en effet une société de consommation comme les autres, rêvant des mêmes plaisirs que les États-Unis... Est-ce si étonnant, à défaut d'être innocent ? Les loisirs aidaient à supporter l'oppression, tout en permettant d'imposer des normes fascistes sous des aspects " amusants " : l'humour a bien changé sous le III e Reich, et les romans et les films policiers n'ont plus traqué les mêmes criminels. Faut-il pour autant considérer la culture de masse comme une propagande douce ? Justement, non, et là est tout l'enjeu de ce livre : la " grande " culture a bel et bien été mise au pas sous le III e Reich, mais le divertissement populaire, précisément parce qu'il n'était pas considéré comme une culture digne d'intérêt, a joui d'une certaine liberté. Il a donc existé, au sein même de la dictature nazie, des romans, journaux et films qui recelaient une critique féroce du régime et qui furent diffusés en masse. Comment la subversion a-t-elle pu se glisser dans des œuvres grand-public ? Si la critique s'est faite au vu de tous, elle était voilée. Les auteurs dissidents ont joué avec la censure et développé une écriture à double-sens que seul un lecteur complice peut décrypter. Une chose est sûre : le régime nazi qui se prétendait intimement lié au peuple allemand a finalement été démenti par la culture populaire. C'est cette résistance de " roman de gare " qui est analysée dans ce livre au travers des romans policiers, de science-fiction, d'humour ou de sport, mais aussi des films d'aventure ou de la culture automobile. Des divertissements criminels (quasiment le premier livre à paraître en français sur ce thème ; Le Cinéma nazide Pierre Cadars et Francis Courtade a été publié il y a quarante ans) offre une lecture totalement inédite du régime nazi en prenant en compte sa dimension infrapolitique : ces micro-résistances du quotidien dont l'opiniâtreté constante a pu avoir une part dans la chute du régime hitlérien.

 

A propos de Vincent Platini

 

Lire, s'évader, résister de Vincent Platini

Vincent Platini est né en 1980. Il enseigne la littérature comparée à l'université d'Augsbourg et à la Freie Universität de Berlin.