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Atlas de l'empire napoléonien de Jean-Luc Chappey, Bernard Gainot, Jean-Paul Bertaud & Fabrice Le Goff

Jean-Luc Chappey, Bernard Gainot, Jean-Paul Bertaud et Fabrice Le Goff publient Atlas de l'empire napoléonien 1799-1815 : Vers une nouvelle civilisation européenne aux éditions Autrement.

Cet atlas offre plus de 100 cartes et infographies pour comprendre une période charnière de l'histoire de France et de l'Europe, depuis la construction de l'Empire, jusqu'à son effondrement...

 

A feuilleter ou a étudier, cet ouvrage offre un panorama complet de l'Empire avec des cartes de qualité. La synthèse est bien construite. Encore une réussite pour cette collection après Atlas des femmesAtlas des matières premières et Atlas des décolonisations.

Benjamin

 

Informations :

 

Editeur : Autrement L'avis d'Actualité littéraire
Genre : Biographies A propos de Jean-Luc Chappey, Bernard Gainot, Jean-Paul Bertaud & Fabrice Le Goff 
Année : 2015 Voir un extrait  
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Extrait

 

INTRODUCTION

 

De la «politique de civilisation» à la domestication des peuples

 

Des débats préparant le sénatus-consulte du 18 mai 1804 au sacre de Bonaparte en décembre, la notion d'Empire envahit l'espace des discours politiques et, plus largement encore, le champ des productions intellectuelles et artistiques. La mythologie construite autour du personnage de Napoléon Bonaparte se renforce et se transforme : le «sauveur» et «héros» passe du statut d'imperator, c'est-à-dire de chef de guerre victorieux, à celui d'empereur, chef suprême de l'État. Outre le renforcement du pouvoir personnel en France, ces années se caractérisent aussi par la domination sur des peuples étrangers, provoquant des bouleversements complets qui marqueront durablement leur histoire et leur mémoire.

 

S'écartant des aspects strictement militaires, cet ouvrage entend faire le point sur les nombreuses et diverses conséquences de cette extension territoriale de l'Empire et sur le projet politique auquel elle a donné corps. Mais est-ce bien un réel projet ou un rêve impérial ? C'est a posteriori, dans les divers écrits et confessions de Sainte-Hélène, que, vaincu, Napoléon Bonaparte cherchera à conférer une unité à son aventure européenne en revendiquant un héritage des Lumières et une continuité avec la Révolution dont il semble pourtant se détacher en France. Durant les Cent-Jours, il revient sur cette idée de continuité et rappelle que son objectif était d'organiser «un grand système européen, [...] conforme à l'esprit du siècle et favorable aux progrès de la civilisation».

 

C'est sans doute, comme y invitent les auteurs, en décentrant le regard porté sur les territoires européens et en croisant les échelles d'analyse qu'il est possible de revisiter ce projet impérial dont le caractère pragmatique ne doit pas être minoré. Entre système fédératif et Empire-nation, une logique de construction territoriale semble en effet particulièrement délicate à trouver. Ce projet est largement appuyé sur l'armée et l'administration issue des transformations révolutionnaires. Au-delà de la politique de modernisation des voies de communication, qui renforce la mobilité des informations, des hommes et des produits, l'entreprise de statistique départementale ou la mobilisation de la géographie participe d'une certaine modernité d'un État dont les serviteurs, répartis dans les différentes parties d'un espace de plus en plus étendu, cherchent à unifier les territoires et à détruire les particularismes. Érigée en capitale européenne, foyer de la civilisation, Paris devait favoriser la fusion des élites et des peuples européens, pour former les différentes parties d'un même corps.

 

En Hollande, en Italie, en Westphalie, puis en Espagne, les souverains sont ainsi appelés à appliquer le «Code du siècle», mais aussi à détruire les anciens abus, à introduire les nouvelles impositions et la conscription, à créer des départements et des préfectures, à aliéner les biens du clergé, à imposer le divorce, à rétablir les finances et à réformer la justice. Nombreux ont été ceux qui, anciens patriotes bataves ou italiens, ont applaudi à cette entreprise et ont accueilli les armées et les fonctionnaires français à bras ouverts, l'Empire apparaissant comme un rempart face à la contre-révolution et comme une promesse d'émancipation. Or, l'introduction du Code civil, la francisation des élites et des pratiques administratives, les dispositions économiques provoquent progressivement l'hostilité puis les résistances.

 

De l'unité à l'uniformité, de la volonté de civiliser à celle de domestiquer les peuples, le rêve impérial se transforme en entreprise de domination des peuples au bénéfice des intérêts français, les populations des États sous contrôle subissant les mêmes formes de pouvoir et de contraintes que celles qui pèsent, en France, sur les catégories populaires. Progressivement, les agents chargés de mettre en place le nouvel ordre cristallisent l'hostilité des élites et des populations qui se lèvent contre ce nouvel impérialisme français. Les insurrections espagnoles, calabraise et tyrolienne témoignent de cette hostilité qui se traduit aussi, chez certains intellectuels, par une invention des traditions, un passé censé conférer aux nations des fondements solides pour résister à l'Empire français.

 

L'antipathie pour la France impérialiste née de la Révolution est-elle pour autant à l'origine de l'éveil des nationalités ? Il faut être prudent face à ces oppositions hétérogènes dues tout autant aux mesures fiscales et militaires qu'aux attachements séculaires à l'Église ou aux dynasties traditionnelles. Les questions restent encore nombreuses sur la réception en France et en Europe d'un régime qui se prétend héritier de la Révolution, sur la construction des identités individuelles ou nationales à l'oeuvre dans les processus de refus ou d'adhésion. Cet ouvrage entend apporter un éclairage original sur ces aspects.

 

Jean-Luc Chappey 

Bernard Gainot

 

A propos de Jean-Luc Chappey, Bernard Gainot, Jean-Paul Bertaud & Fabrice Le Goff

 

Atlas de l'empire napoléonien de Jean-Luc Chappey, Bernard Gainot, Jean-Paul Bertaud & Fabrice Le Goff

Jean-Luc Chappey est maître de conférences habilité à diriger des recherches en histoire moderne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l'Institut d'histoire moderne et contemporaine et chercheur associé à l'Institut d'histoire de la Révolution française.

 

Bernard Gainot est maître de conférences honoraire en histoire moderne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheur associé à l'Institut d'histoire de la Révolution française.

 

Jean-Paul Bertaud, le préfacier, est professeur émérite de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directeur honoraire des Annales historiques de la Révolution française.

 

Fabrice Le Goff, cartographe indépendant, a conçu et réalisé les cartes de cet atlas.